Calcul de section de câble électrique selon NIBT 2020

Calcul instantané selon les algorithmes ElectroCAD Tools : courant admissible Iz corrigé Kt × Kg, chute de tension formule unifiée (ρ corrigée 70 °C PVC / 90 °C XLPE, réactance X par paliers), conforme NIBT chapitres 5.1 et 5.2.

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Section recommandée 2,5mm²

Détails du calcul

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Comment calculer la section de câble électrique selon NIBT 2020 ?

La section d'un câble en Suisse se détermine par deux vérifications réglementaires complémentaires, imposées par les Normes pour les Installations à Basse Tension (NIBT) éditées par l'ASE/Electrosuisse en 2020. La première vérification porte sur le courant admissible Iz (chapitre 5.1) : le câble ne doit pas chauffer au-delà de la limite de son isolant pour le courant nominal du circuit. La seconde porte sur la chute de tension ΔU (chapitre 5.2) : la tension reçue par le récepteur doit rester suffisamment proche de la tension nominale pour assurer le bon fonctionnement.

Un calcul correct exige donc de connaître le courant nominal (généralement le calibre du disjoncteur amont), la longueur réelle du câble, le mode de pose (B1, B2, C, E ou F), la température ambiante maximale, le nombre de circuits adjacents groupés et la nature du conducteur (cuivre ou aluminium, isolation PVC ou XLPE). Les deux contraintes — Iz suffisant et ΔU acceptable — sélectionnent la section minimale conforme. Le calculateur applique automatiquement les facteurs correctifs Kt et Kg issus des tableaux normalisés.

Méthode du courant admissible (NIBT 5.1)

Le courant admissible nominal d'un câble, noté Iz, est tabulé pour des conditions de référence : température ambiante 30 °C et un seul circuit posé seul. Dès que ces conditions changent, deux facteurs correctifs multiplicatifs entrent en jeu : Kt pour la température réelle, Kg pour le groupement de circuits parallèles. Le courant admissible corrigé s'écrit :

Iz_corrigé = Iz_nominal × Kt × Kg

La règle de conformité est simple : Iz_corrigé doit être supérieur ou égal au courant nominal I du circuit, lui-même au plus égal au calibre du dispositif de protection en amont. Pour le cuivre PVC, à 40 °C avec deux circuits groupés, Kt=0,87 et Kg=0,80 ; un câble de 2,5 mm² en B1, donné pour 21 A à 30 °C, ne porte plus que 21 × 0,87 × 0,80 ≈ 14,6 A. Un disjoncteur de 16 A en aval n'est alors plus protégé correctement contre la surcharge thermique du câble.

Cette vérification est obligatoire pour tout circuit terminal et toute alimentation. Elle s'effectue avant la vérification de la chute de tension, car elle conditionne la section minimale absolue.

Méthode de la chute de tension (NIBT 5.2)

La chute de tension le long d'un câble dépend de sa longueur, du courant transporté et de la résistance linéique du conducteur. Pour des longueurs courantes en bâtiment et un facteur de puissance proche de 1, on néglige la réactance et on utilise les formules simplifiées :

  • Monophasé : ΔU (V) = 2 × L × I × ρ / S
  • Triphasé équilibré : ΔU (V) = √3 × L × I × ρ / S
  • Courant continu : ΔU (V) = 2 × L × I × ρ / S (aller-retour)

avec L la longueur unidirectionnelle en mètres, I le courant en ampères, S la section en mm² et ρ la résistivité du conducteur. Pour le cuivre à 20 °C, ρ = 0,0224 Ω·mm²/m ; pour l'aluminium, ρ ≈ 0,036 Ω·mm²/m. La chute en pourcentage se calcule par ΔU% = ΔU / U_nominale × 100.

La NIBT 5.2.4 plafonne la chute de tension à 3 % pour les circuits d'éclairage et de signalisation, et à 5 % pour les prises de courant, la force motrice et le chauffage, mesurée entre le point de livraison et le récepteur. Sur les départs longs (villas dispersées, hangars agricoles, bornes de recharge), c'est ce critère, plus exigeant qu'Iz, qui dimensionne la section.

Sections câbles courantes vs courant admissible (Cu PVC, mode B1, 30 °C)

Section (mm²)Iz nominal (A)Protection conseillée (A)Application typique
1,515,510 / 13Éclairage, signalisation
2,52116Prises domestiques, éclairage de réserve
42820Circuits cuisine, machines à laver
63625 / 32Chauffe-eau, plaques de cuisson tri
105040Cuisinière, alimentation tableau divisionnaire
166850 / 63Borne de recharge VE 11 kW, sous-tableau
258963 / 80Alimentation logement, atelier
35111100Tableau principal villa, PME
50134125Branchement maison plurifamiliale
70171160Bâtiment tertiaire
95207200Immeuble résidentiel
120239250Branchement industriel

Valeurs indicatives extraites de la NIBT 2020 tableau 5.1 pour cuivre PVC, mode de pose B1, température ambiante 30 °C, sans circuits groupés. Toujours corriger avec Kt et Kg réels.

Quel mode de pose choisir ?

Le mode de pose conditionne la dissipation thermique et donc la valeur d'Iz. La NIBT 2020 (annexe 5.1) distingue plusieurs catégories. Choisir le bon mode est aussi important que la section elle-même.

B1 — Sous goulotte

Câbles dans une goulotte, un conduit ou un caniveau apparent. Cas typique des rénovations en moulures plastique et des passages techniques.

B2 — Sur paroi

Câbles agrafés directement sur un mur en briques ou en béton, sans tube. Iz légèrement inférieur à B1 car la paroi limite le rayonnement.

C — Dans paroi isolée

Câbles encastrés dans des cloisons creuses avec isolation thermique. Très défavorable car la chaleur reste piégée ; Iz plus élevé seulement si le câble repose sur paroi conductrice.

E — Gaine technique

Câbles en chemins de câbles aérés, échelles métalliques, gaines verticales ventilées. Très bonne dissipation, Iz maximal pour les bâtiments tertiaires.

F — Enterré

Câbles directement enterrés ou en fourreau enterré. Cas des alimentations entre bâtiments, bornes VE extérieures, éclairage public.

Précision NIBT souvent oubliée : les facteurs Kt et Kg se multiplient. Beaucoup de calculs en ligne n'appliquent que Kt seul, ce qui sous-dimensionne le câble dès qu'il y a deux circuits groupés. La NIBT 2020 chapitre 5.1.4 impose explicitement la combinaison des deux corrections.

Erreurs courantes lors du dimensionnement

  • Oublier le facteur de température : un local technique mal ventilé peut atteindre 40 à 45 °C en été. Kt passe alors à 0,87 ou 0,79, ce qui réduit Iz de 13 à 21 %.
  • Ignorer le groupement de circuits : en goulotte chargée avec 5-6 départs, Kg descend à 0,55-0,60. Beaucoup de tableaux de villa montrent ce piège à l'arrivée du tableau divisionnaire.
  • Sous-estimer la longueur réelle : il faut compter la longueur du câble, pas la distance à vol d'oiseau. Une descente verticale, deux coudes et un retour ajoutent vite 15 à 20 m.
  • Confondre tension simple et tension composée : 230 V en monophasé entre phase et neutre, 400 V en triphasé entre phases. La formule de ΔU change (facteur 2 vs √3).
  • Mélanger cuivre et aluminium dans le calcul : ρ change, le coefficient 1,6× sur la section doit être appliqué cohéremment sur toute la longueur.

FAQ — Calcul de section de câble

Quelle section pour 16 A en monophasé ?

Pour un courant nominal de 16 A en monophasé 230 V, la section minimale dépend du mode de pose. En B1 (sous goulotte), une section de 2,5 mm² en cuivre PVC donne Iz=21 A à 30 °C, conforme à la NIBT 2020. Sur une longueur supérieure à 30 m, vérifier la chute de tension avec ΔU=2·L·I·ρ/S ; au-delà de 35-40 m, passer à 4 mm² pour rester sous 3 % en éclairage.

Comment calculer la chute de tension ?

En monophasé : ΔU = 2 · L · I · ρ / S, en triphasé équilibré : ΔU = √3 · L · I · ρ / S, où L est la longueur en mètres, I le courant en ampères, ρ la résistivité (0,0224 Ω·mm²/m pour le cuivre à 20 °C) et S la section en mm². Le résultat est en volts ; ramener en pourcentage de la tension nominale. La NIBT 4.7 et le chapitre 5.2 imposent une chute maximale de 3 % pour l'éclairage et 5 % pour les prises et la force.

Section minimum NIBT pour éclairage ?

La NIBT 2020 (chapitre 5.2.4) fixe une section minimale de 1,5 mm² en cuivre pour les circuits d'éclairage et de signalisation. Pour les prises et la force, le minimum est 2,5 mm² en cuivre. Ces minima ne dispensent pas du calcul de chute de tension ni de la vérification du courant admissible Iz selon le mode de pose.

Câble Cu ou Alu : différence de section ?

L'aluminium présente une résistivité d'environ 0,036 Ω·mm²/m contre 0,0224 pour le cuivre, soit ~1,6× plus. Pour transporter le même courant à pertes égales, une section aluminium doit être environ 1,5 à 1,6 fois supérieure. L'aluminium est généralement réservé aux sections ≥ 16 mm² selon plusieurs distributeurs romands (NIBT 5.2.1 et règles GRD). Le cuivre reste le standard pour le résidentiel et le tertiaire.

Quelle marge de sécurité prendre ?

Une marge de 20 à 30 % entre le courant nominal I et le courant admissible Iz corrigé est recommandée pour absorber les variations de température ambiante, le vieillissement de l'isolant et l'ajout futur de circuits parallèles. Pour la chute de tension, viser 2 % en éclairage (plutôt que 3 %) laisse une réserve en cas d'extension. Sur les départs principaux, prévoir une section suivante au-dessus du calcul strict.

Comment automatiser ce calcul dans AutoCAD ?

Le plugin ElectroSchema pour AutoCAD intègre le calcul automatique de section et de chute de tension à partir des données saisies dans la nomenclature : courant nominal, longueur de ligne, mode de pose, température. La commande dédiée propose la section conforme NIBT 2020 et met à jour les annotations du schéma. Cela évite les ressaisies et garantit la cohérence entre le calcul, le schéma de principe et le devis transmis via SIA 451.

Pour aller plus loin

Avis de responsabilité

Calculateur fourni à titre indicatif. Les valeurs d'Iz utilisées sont conformes aux tableaux types de la NIBT 2020 pour les cas courants. Pour les installations particulières (câbles spéciaux, températures extrêmes, harmoniques, circuits photovoltaïques), se référer à la NIBT complète et au constructeur du câble. Tout dimensionnement doit être validé par un installateur électricien autorisé et contrôlé selon l'OIBT.