Calcul pertes Joule câble électrique (R.I2) | ElectroCAD

Calcul des pertes Joule dans un câble électrique

Estimez en secondes la puissance dissipée par effet Joule (P = R·I²), l'énergie perdue sur l'année et le coût correspondant en CHF pour un câble cuivre ou aluminium. Saisissez R directement ou laissez le calcul déduire R depuis longueur, section et résistivité — la convention longueur aller simple est respectée et l'aller-retour est intégré automatiquement.

Outil gratuit NIBT 2020 · SIA 380/4 Suisse Mise à jour 2026
Réponse rapide. Les pertes Joule valent P = R·I² en watts et croissent au carré du courant. Sur un câble, doubler la section divise les pertes par deux à courant égal car R est inversement proportionnelle à S. Exemple : un départ 50 m (aller simple) en cuivre 2,5 mm² sous 32 A dissipe ~917 W aller-retour compris ; en 4 mm², les pertes tombent à ~573 W. Sur 2000 h/an et 0,22 CHF/kWh, l'économie atteint ~151 CHF/an, surcoût de section amorti en moins d'un an.

Calculateur interactif

Paramètres

Résistance totale de la boucle, en ohms.
Longueur aller simple — le calcul intègre l'aller-retour automatiquement.
20 °C
ρ = 0,0224 Ω·mm²/m (Cu @ 20 °C)
2000 h/an
Repère : bureau 2000 · chauffage saisonnier 4000 · permanent 8760.
Défaut : tarif moyen Suisse 2026.
Coût annuel des pertes
403,70CHF / an
R = 0,896 Ω · 32 A · 2000 h/an · 0,22 CHF/kWh

Résultats détaillés

Résistance R utilisée saisie directe
0,8960 Ω
Pertes instantanées P P = R·I²
917,50 W
Énergie perdue annuelle E = P·h
1835 kWh
Coût annuel
403,70 CHF
Chute de tension ΔU R·I
28,67 V 12,47 %
Rendement du transport η
87,53 %
Recommandation. En passant à 4 mm², R chute à 0,560 Ω, P à 573,4 W, soit une économie de ~151,40 CHF/an pour un surcoût matière amorti en moins de 12 mois. Cran de section conseillé.

Formules : P = R·I² (W) · E = P·h/1000 (kWh) · Coût = E · prix (CHF) · R = 2·ρ·L/S avec L = longueur aller simple (facteur 2 pour aller-retour) · ΔU = R·I (mono) ou √3·R·I/2 (tri) · η = 1 − P / (U·I).

Qu'est-ce que l'effet Joule ?

L'effet Joule, mis en évidence par James Prescott Joule en 1841, traduit la conversion irréversible d'énergie électrique en chaleur lorsqu'un courant traverse un conducteur résistif. Tout câble réel possède une résistance R non nulle qui s'oppose au passage du courant et dissipe une puissance P = R·I² sous forme thermique. Cette énergie est définitivement perdue pour la charge en aval : elle ne fait que chauffer l'isolant, le chemin de câbles et l'air ambiant, et constitue le poste invisible des factures d'électricité.

En installation basse tension suisse, les pertes Joule représentent typiquement 1 à 4 % de l'énergie distribuée dans le bâtiment. Sur un grand tertiaire alimenté à 400 V triphasé, cela peut atteindre plusieurs MWh par an. La NIBT 2020 chapitre 5.2 impose un dimensionnement qui garantit Iz >= I, donc qui borne déjà l'échauffement à un seuil sûr (70 °C en PVC, 90 °C en XLPE), mais ne minimise pas les pertes économiques. Le projeteur a ici une latitude technique forte : monter d'un cran de section au-delà du minimum normatif est souvent rentable sur la durée de vie de l'ouvrage (30 à 40 ans).

Formules détaillées

Le calcul des pertes Joule repose sur trois équations indissociables. La puissance dissipée instantanée vaut P = R·I², exprimée en watts. La forme quadratique est fondamentale : doubler le courant quadruple les pertes, à câble identique. Sur un câble réel, la résistance totale du circuit (aller + retour pour le mono, aller pour le tri équilibré) suit la loi de Pouillet R = ρ·L/S, où ρ est la résistivité du matériau (0,0224 Ω·mm²/m pour le cuivre à 20 °C, 0,036 pour l'aluminium), L la longueur en mètres et S la section en mm².

Convention de longueur dans cet outil. Le champ "Longueur L" attend la longueur aller simple du câble (longueur physique du tronçon, telle qu'on la relève sur plan). L'aller-retour est ensuite intégré dans le calcul : on utilise R = 2·ρ·L/S, où le facteur 2 représente le conducteur de retour ; R est la résistance effective de boucle à injecter directement dans P = R·I² pour obtenir les pertes Joule totales du câble. C'est la convention la plus intuitive pour le projeteur — pas besoin de doubler manuellement la longueur, l'outil le fait pour vous.

L'énergie perdue sur une période d'usage h s'écrit E = P·h en Wh, soit E = P·h/1000 en kWh. Le coût annuel dérive directement : Coût = E · prixkWh. Avec un prix moyen de 0,22 CHF/kWh en Suisse (tarif Romande Energie, Groupe E, SIG, base 2026), une perte continue de 100 W coûte 193 CHF/an. La chute de tension associée vaut ΔU = R·I en monophasé, ou ΔU = √3·R·I/2 en triphasé équilibré. Le rendement de transport du tronçon s'écrit η = 1 - P/(U·I) = 1 - R·I/U.

Important : ρ augmente avec la température. À 70 °C (régime nominal d'un câble PVC chargé à Iz), ρcuivre passe de 0,0224 à environ 0,0273 Ω·mm²/m, soit +22 % de pertes par rapport au calcul froid. Le slider de température ci-dessus applique automatiquement la correction ρ(T) = ρ20 · (1 + α · (T - 20)).

Pertes typiques par section et longueur

Le tableau ci-dessous donne les pertes Joule d'un câble cuivre monophasé chargé en continu à son courant nominal pendant 2000 h/an, pour différentes longueurs aller simple et sections (pertes aller-retour incluses, R = 2·ρ·L/S). Valeurs calculées à ρ = 0,0224 Ω·mm²/m, prix 0,22 CHF/kWh. Multiplier par 2 pour 4000 h/an, par 4 pour fonctionnement permanent.

SectionCourant IL = 20 mL = 50 mL = 100 mL = 200 m
1,5 mm²10 A60 W / 26 CHF149 W / 66 CHF299 W / 131 CHF597 W / 263 CHF
2,5 mm²16 A92 W / 40 CHF229 W / 101 CHF459 W / 202 CHF917 W / 404 CHF
2,5 mm²32 A367 W / 161 CHF917 W / 404 CHF1835 W / 807 CHF3670 W / 1615 CHF
4 mm²25 A140 W / 62 CHF350 W / 154 CHF700 W / 308 CHF1400 W / 616 CHF
4 mm²32 A229 W / 101 CHF573 W / 252 CHF1147 W / 505 CHF2294 W / 1009 CHF
6 mm²40 A239 W / 105 CHF597 W / 263 CHF1195 W / 526 CHF2389 W / 1051 CHF
10 mm²63 A356 W / 156 CHF889 W / 391 CHF1778 W / 782 CHF3556 W / 1565 CHF
16 mm²80 A358 W / 158 CHF896 W / 394 CHF1792 W / 789 CHF3584 W / 1577 CHF
25 mm²100 A358 W / 158 CHF896 W / 394 CHF1792 W / 789 CHF3584 W / 1577 CHF

Lecture clé : sur un départ de 50 m chargé à 32 A, passer de 2,5 à 4 mm² fait chuter les pertes de 917 W à 573 W, soit 151 CHF/an économisés pour un surcoût matière de l'ordre de 30 à 40 CHF. Retour sur investissement de quelques mois, puis pure économie sur 30 ans de durée de vie. La logique vaut a fortiori pour les départs longs ou pour la pompe à chaleur qui tourne 4000 à 5000 h/an.

Comment réduire les pertes Joule

Cinq leviers techniques sont disponibles pour un projeteur, classés par ordre d'efficacité économique :

1. Augmenter la section

C'est le levier dominant : R varie en 1/S, donc passer de 2,5 à 4 mm² réduit les pertes de 37 %, et de 4 à 6 mm² de 33 % supplémentaires. La règle d'or : sur tout départ supérieur à 30 m et chargé à plus de 50 % de son Iz, vérifier le calcul économique de la section suivante.

2. Raccourcir le câble

R étant proportionnelle à L, optimiser le cheminement et placer les tableaux divisionnaires au barycentre des charges divise mécaniquement les pertes. Un sous-tableau d'étage bien placé peut diviser par 3 la longueur cumulée des départs prises et éclairage. Ce levier est souvent oublié au stade APS/APD car il dépend de l'architecture, pas du dimensionnement.

3. Équilibrer les phases

En triphasé, un déséquilibre fait circuler du courant dans le neutre, qui produit des pertes Joule sans utilité. Répartir les monos sur L1/L2/L3 ramène le courant neutre proche de 0. La NIBT 5.5.3 impose un dimensionnement du neutre adapté aux charges déséquilibrées et harmoniques.

4. Limiter les harmoniques

Les courants harmoniques (rang 3, 5, 7) augmentent le courant RMS efficace donc les pertes (P = R·I²rms). Sur un bâtiment tertiaire avec beaucoup d'alimentations à découpage (LED, IT, variateurs), prévoir des filtres passifs ou un surdimensionnement du neutre. Voir CEI 61000-3-2 et NIBT 5.5.

5. Passer en aluminium massif

Contre-intuitif mais valide sur les départs principaux longs : à coût matière équivalent, l'aluminium permet une section géométrique 1,6× plus grande, donc des pertes équivalentes ou inférieures au cuivre, avec un poids divisé par 2. Pratique sur les colonnes montantes des immeubles collectifs et les liaisons transformateur-TGBT, sous réserve de connectique adaptée (cosses bimétal, graisse contact).

FAQ

Comment calculer les pertes par effet Joule ?

Les pertes Joule d'un conducteur valent P = R·I², en watts, où R est la résistance totale du circuit en ohms et I le courant en ampères. Si l'on ne connait pas R directement, on l'estime par la loi de Pouillet appliquée à la boucle : R = 2·ρ·L/S, avec ρ la résistivité (0,0224 Ω·mm²/m pour le cuivre à 20 °C), L la longueur aller simple en mètres (le facteur 2 intègre l'aller-retour) et S la section en mm². L'énergie perdue sur la durée vaut E = P·h en wattheures, et le coût correspondant Coût = E·prixkWh.

Pourquoi les pertes Joule augmentent avec le carré du courant ?

La puissance dissipée vaut P = UR·I, où UR = R·I est la chute de tension aux bornes du conducteur. En substituant, P = R·I². Cette dépendance quadratique a un impact massif : doubler le courant quadruple les pertes, alors que la puissance utile transportée ne double que de manière linéaire. C'est précisément pourquoi le transport d'électricité longue distance se fait en très haute tension (HT 220 kV, THT 380 kV) : à puissance constante, monter U permet de baisser I et donc de diviser les pertes par un facteur considérable.

Quelle est la différence entre pertes Joule et chute de tension ?

Les deux grandeurs sont liées mais distinctes. La chute de tension ΔU = R·I (mono) ou √3·R·I/2 (tri) mesure la différence de potentiel perdue entre le départ et le point d'utilisation ; elle s'exprime en volts ou en pourcentage de U, et la NIBT 5.2 la limite à 3 % éclairage et 5 % prises/force. Les pertes Joule P = R·I² = ΔU·I sont la puissance thermique correspondante en watts. Une installation peut respecter la limite de chute de tension tout en gaspillant des centaines de CHF/an en pertes Joule.

Faut-il prendre ρ à 20 °C ou à 70 °C ?

Tout dépend du régime de charge. Pour un dimensionnement sécuritaire NIBT (chute de tension max, Iz), on prend ρ à la température maximum d'isolant (70 °C PVC, 90 °C XLPE), soit ρCu ≈ 0,0273 Ω·mm²/m à 70 °C. Pour un calcul économique réaliste sur la durée de vie, prendre ρ à la température moyenne de service (souvent 40-50 °C en tertiaire), soit ρCu ≈ 0,024 Ω·mm²/m. Le slider de température ci-dessus applique automatiquement la correction.

Combien représentent les pertes Joule sur une facture ?

En résidentiel suisse, les pertes Joule internes au bâtiment représentent typiquement 1 à 2 % de la consommation, soit 50 à 150 CHF/an pour une villa de 5000 kWh. En petit tertiaire (cabinet, commerce), elles montent à 2 à 4 %, soit 300 à 800 CHF/an pour 20 000 kWh consommés. En grand tertiaire ou industrie légère avec colonnes montantes longues et charges déséquilibrées, on peut dépasser 5 %, plusieurs milliers de CHF/an. Ces pertes sont totalement invisibles sur la facture mais bien réelles : un audit énergétique sérieux les chiffre toujours.

L'effet Joule est-il toujours indésirable ?

Non. L'effet Joule est exploité dans tous les appareils résistifs où la chaleur est l'effet recherché : chauffage électrique, plaques vitrocéramiques, fours, chauffe-eau résistifs, sèche-serviettes, planchers chauffants, fers à souder, ampoules à incandescence. Dans ces cas, le rendement électrique vers chaleur est de 100 %. Dans les câbles, par contre, les pertes Joule sont purement parasites et doivent être minimisées dans la mesure économiquement raisonnable.

Aller plus loin

Pour vérifier que la section retenue respecte la chute de tension NIBT 5.2, utiliser le calculateur de chute de tension. Pour dimensionner la section initiale à partir du courant et du mode de pose, voir le calculateur de section de câble NIBT 2020. La liste complète des outils ElectroCAD gratuits couvre également l'éclairement EN 12464-1, la disposition de tableaux et le calcul de courant de court-circuit. Les utilisateurs du plugin AutoCAD ElectroCAD Tools bénéficient de ces calculs intégrés directement à la nomenclature du schéma, avec mise à jour automatique des annotations en cas de changement de section.