Mai 2026 · Tableaux électriques

Schéma unifilaire de tableau électrique : guide complet pour la Suisse romande

Le schéma unifilaire du tableau est la pièce maîtresse du dossier électrique : sans lui, l'avis d'installation passe rarement chez le distributeur et le contrôle final OIBT tourne court. Ce guide détaille l'anatomie du document, les symboles CEI 60617 à connaître, un exemple chiffré sur une villa de Sion et les automatisations qui font gagner septante pour cent du temps de dessin.

Qu'est-ce qu'un schéma unifilaire de tableau

Un schéma unifilaire de tableau électrique représente, sur une seule feuille, l'ensemble des départs protégés d'un tableau divisionnaire ou principal. Chaque circuit y figure par un trait unique, même si le départ comporte deux, trois ou cinq conducteurs réels (phase, neutre, terre, phases supplémentaires en triphasé). C'est cette compression visuelle qui le rend lisible : on voit en un coup d'œil l'arborescence complète d'une installation, du compteur jusqu'au dernier départ.

Le document a trois usages distincts. Le projeteur s'en sert pour dimensionner les sections, équilibrer les phases et caler les protections différentielles. L'installateur l'utilise comme bordereau de montage du tableau (quel disjoncteur, quelle section, quel départ). L'inspecteur ESTI ou le contrôleur OIBT indépendant y vérifie la conformité à la NIBT 2020 lors de la mise en service ou du contrôle périodique. Un schéma de tableau bâclé ouvre la porte à des retours coûteux : recalibrage, ré-étiquetage, voire blocage de la mise sous tension.

À ne pas confondre avec le schéma multifilaire qui détaille chaque conducteur séparément, ni avec le plan d'implantation électrique qui localise les organes sur les plans d'architecte. Le schéma unifilaire est strictement orienté distribution + protection.

Anatomie d'un schéma de tableau

Un schéma unifilaire de tableau bien construit se lit toujours de haut en bas, de l'alimentation vers les départs terminaux. Voici les sept blocs qu'il doit contenir, dans cet ordre.

1. Le bloc comptage et arrivée distributeur

En tête du schéma, on trouve l'arrivée du gestionnaire de réseau : câble d'arrivée avec section et régime de neutre (TN-S majoritaire en Suisse résidentielle), compteur d'énergie (symbole CEI 60617 S04010), et éventuellement le sélecteur tarifaire (haute tarif / basse tarif). Le compteur appartient au distributeur ; on le représente mais on ne le dimensionne pas.

2. Le disjoncteur de tête

Immédiatement sous le compteur, le disjoncteur général protège l'ensemble de l'installation. Son calibre est calé sur la puissance souscrite : 25 A monophasé, 32/40/63 A tripolaire selon la villa. C'est aussi l'organe de coupure d'urgence et de sectionnement obligatoire (NIBT 4.6).

3. Le parafoudre type 2

Depuis la NIBT 2020, le parafoudre type 2 est exigé dans pratiquement tous les bâtiments d'habitation neufs et rénovations lourdes en Suisse. Il se place juste après le disjoncteur général, avec son propre disjoncteur de sectionnement (typiquement 25 A courbe B). Symbole CEI 60617 S00200.

4. Les peignes d'alimentation et la barre omnibus

Sur le schéma, la barre omnibus est représentée par une polyligne horizontale épaisse d'où partent tous les départs. Physiquement, ce sont les peignes d'alimentation modulaires (Hager, Schneider, ABB) qui alimentent les disjoncteurs de rangée. Indiquer le calibre du peigne (généralement 63 ou 80 A) évite les sous-dimensionnements.

5. Les protections différentielles de groupe

Sous la barre omnibus, on regroupe les départs par bloc de quatre à six circuits sous un différentiel 40 A type A (ou type F pour les charges à induction comme les plaques de cuisson, ou type B pour la borne de recharge VE). La sensibilité reste 30 mA pour la protection des personnes, conformément à la NIBT 4.1.5.

6. Les départs terminaux

Chaque départ porte son propre disjoncteur modulaire (calibre, courbe B ou C, nombre de pôles), suivi du câble (section, type, longueur si pertinent) et de la destination (nom du local desservi, type d'usage). Le contacteur de découplage (par exemple pour le chauffe-eau commandé par le distributeur) se loge entre la protection et le câble.

7. Le repérage et le cartouche

Chaque circuit reçoit un identifiant unique (Q1, Q2, Q3… ou par groupe : L1.01, L1.02…). Le cartouche en bas à droite porte le numéro de plan, l'indice de révision, le nom du projeteur, celui du vérificateur, la date et l'échelle. Un schéma sans cartouche normalisé est juridiquement faible en cas de litige sur l'installation réalisée.

Symboles obligatoires sur un schéma de tableau

La référence normative en Suisse est la CEI 60617 (anciennement EN 60617). Le tableau ci-dessous récapitule les douze symboles incontournables pour tout schéma de tableau résidentiel ou petit tertiaire.

ÉlémentDésignationRéférence CEI 60617
Compteur d'énergieCompteur kWh tarif simple ou doubleS04010
Disjoncteur unipolaireProtection magnéto-thermique 1PS01010
Disjoncteur bipolaire 1P+NProtection avec coupure neutreS01011
Disjoncteur tétrapolaire 3P+NProtection triphasée avec neutreS01014
Interrupteur différentielRCD pur, type A/F/BS01020
Disjoncteur différentielRCBO combiné protection + différentielS01030
ParafoudreSPD type 1, 2 ou 1+2S00200
Contacteur de puissanceCommande à distance ou tarif distributeurS02010
TélérupteurCommande éclairage multi-pointsS02020
SectionneurInterrupteur de sectionnementS01001
Borne de recharge VEWallbox 11 ou 22 kWS33020
Onduleur photovoltaïquePV string inverterS05020
Conducteur de phaseTrait simple, calibre annotéS00010
Conducteur de protectionPE, vert/jauneS00020

Les symboles ANSI/IEEE américains ne sont pas acceptés sur un dossier remis à un distributeur ou un contrôleur suisse : un disjoncteur ANSI ressemble visuellement à un fusible CEI, et la confusion peut conduire à un refus de mise en service. Pour creuser, voir notre comparaison CEI vs ANSI.

Exemple chiffré — tableau divisionnaire d'une villa à Sion

Prenons une villa familiale 5,5 pièces en construction sur les hauts de Sion, surface bâtie d'environ huitante mètres carrés au sol sur deux niveaux plus sous-sol. Puissance souscrite : 32 A tripolaire (22 kVA). Régime de neutre TN-S. Voici le détail des départs et de leur dimensionnement.

Arrivée et tête de tableau : câble d'arrivée 4x10 mm² cuivre depuis le compteur jusqu'au tableau (longueur 8 m, chute de tension négligeable). Disjoncteur général 32 A 4P courbe C. Parafoudre type 2 Iimp 5 kA, In 20 kA, protégé par disjoncteur 25 A courbe B.

Bloc différentiel A — éclairage et prises résidentiel (différentiel 40 A type A 30 mA) :

  • Q1 — Éclairage rez-de-chaussée : disjoncteur 10 A courbe B, câble T 3x1,5 mm², longueur estimée 35 m. Sept points lumineux.
  • Q2 — Éclairage étage : disjoncteur 10 A courbe B, T 3x1,5 mm², 28 m. Cinq points lumineux plus deux salles d'eau.
  • Q3 — Éclairage sous-sol et extérieur : disjoncteur 10 A courbe B, T 3x1,5 mm², 22 m.
  • Q4 — Prises séjour et chambres : disjoncteur 13 A courbe C, T 3x2,5 mm², 32 m. Huit prises maximum.
  • Q5 — Prises cuisine plan de travail : disjoncteur 16 A courbe C, T 3x2,5 mm², 12 m. Quatre prises dédiées.

Bloc différentiel B — gros électroménager (différentiel 40 A type F 30 mA, immunisé contre les déclenchements intempestifs des onduleurs d'induction) :

  • Q6 — Plaque de cuisson induction : disjoncteur 20 A 3P courbe C, T 5x4 mm², 10 m. Plaque 7,4 kW triphasée.
  • Q7 — Four : disjoncteur 16 A courbe C, T 3x2,5 mm², 11 m. Four pyrolyse 3,5 kW.
  • Q8 — Lave-vaisselle : disjoncteur 16 A courbe C, T 3x2,5 mm², 9 m.
  • Q9 — Lave-linge et sèche-linge : disjoncteur 16 A courbe C, T 3x2,5 mm², 18 m. Buanderie sous-sol.

Bloc différentiel C — pompe à chaleur et chauffe-eau (différentiel 40 A type A 30 mA) :

  • Q10 — PAC air-eau : disjoncteur 20 A 3P courbe D (démarrage compresseur), T 5x6 mm², 14 m. PAC 9 kW thermique, 3 kW électrique nominal.
  • Q11 — Chauffe-eau sanitaire 300 L : disjoncteur 16 A courbe C, T 3x2,5 mm², 16 m. Contacteur de tarif distributeur en série.

Bloc différentiel D — borne de recharge VE (différentiel dédié 40 A type B 30 mA, obligatoire pour détecter les fuites en courant continu) :

  • Q12 — Wallbox garage : disjoncteur 16 A 3P courbe C, T 5x2,5 mm², 25 m. Borne 11 kW.

Équilibrage des phases : L1 totalise environ 4,2 kW de charges simultanées probables, L2 environ 4,5 kW, L3 environ 4,0 kW. Écart maximal nonante pour cent en dessous du seuil de 15 pour cent autorisé. La chute de tension la plus défavorable est sur Q12 (borne VE en 2,5 mm² sur vingt-cinq mètres à pleine charge) : environ 3,8 pour cent, conforme à la limite NIBT de 5 pour cent pour les circuits prises.

Erreurs courantes à éviter

Sur les schémas que nous voyons passer en révision, six erreurs reviennent systématiquement. Les voici, avec la correction.

  • Oublier le parafoudre type 2. Depuis NIBT 2020, son absence sur une villa neuve déclenche un refus de mise en service. Correction : ajouter le SPD avec son propre disjoncteur de sectionnement juste après le disjoncteur général.
  • Confondre différentiel type A et type F. Les plaques à induction et certains lave-linge à variateur génèrent des courants de fuite haute fréquence qui font déclencher les type A. Correction : type F pour le bloc gros électroménager moderne, type B pour la borne VE.
  • Câbler la borne VE sur un différentiel type A standard. Le mode de charge 3 injecte des fuites en courant continu que le type A ne détecte pas. Correction : différentiel type B dédié, ou type A + module de détection DC certifié.
  • Sous-dimensionner les câbles pour absorber la chute de tension. Pour les circuits supérieurs à trente mètres, calculer la chute réelle et passer en section supérieure si nécessaire (2,5 mm² au lieu de 1,5 mm² pour l'éclairage long, 4 mm² au lieu de 2,5 mm² pour les prises éloignées).
  • Omettre le repérage des circuits. Un schéma sans identifiants Q1/Q2/Q3 est ininterprétable lors d'un contrôle. Correction : numéroter chaque départ et reporter le même repère sur l'étiquette du disjoncteur physique.
  • Mélanger CEI 60617 et symboles maison. Certains anciens projeteurs utilisent des symboles hérités des années huitante. Correction : passer à la bibliothèque CEI 60617 unifiée, c'est la seule reconnue par l'OIBT et la SIA 451.
  • Négliger l'indice de révision. Toute modification du schéma incrémente l'indice (A → B → C…) avec descriptif daté. Sinon, on perd la traçabilité et le contrôleur OIBT refuse le dossier.

Comment dessiner un schéma de tableau avec ElectroSchema

Pour un projeteur qui fait deux à trois villas par mois, le temps passé à insérer manuellement chaque bloc CEI 60617 dans AutoCAD est rédhibitoire. ElectroSchema ajoute à AutoCAD une couche métier qui réduit le temps de schéma de deux heures à environ trente-cinq minutes. Voici la procédure en cinq étapes.

  1. Ouvrir le gabarit villa CH : le gabarit .dwt fourni avec ElectroSchema contient déjà les calques métier (E_PROT, E_CABLE, E_BORNE, E_TEXTE, E_CARTO), le cartouche normalisé et la légende vide. Pas besoin de configurer.
  2. Lancer la commande EC_LIGNES : la commande EC_LIGNES enchaîne en un seul clic le disjoncteur, le câble (avec section et type) et la destination (nom du local). On parcourt la liste des départs, on tape ou on sélectionne le calibre, la courbe et la section : le bloc s'insère aligné sur la barre omnibus.
  3. Insérer les protections différentielles de groupe : ElectroSchema détecte automatiquement les départs sous le même différentiel et propose les regroupements typiques (4-6 circuits par RCD). On valide ou on ajuste.
  4. Vérifier avec EC_DIAG : la commande EC_DIAG passe le schéma en revue (cohérence calibre/section, présence du parafoudre, équilibrage des phases, type de différentiel adapté à chaque charge) et liste les anomalies dans la palette. Aucun avertissement avant l'export équivaut à un dossier propre.
  5. Exporter en PDF/A3 avec EC_PRESGEN : la commande EC_PRESGEN cadre automatiquement la fenêtre sur le schéma, applique le style de tracé monochrome ou couleur métier, renseigne le cartouche (n° de plan, indice, date) et génère le PDF prêt pour l'envoi au distributeur ou au contrôleur OIBT. Pour la recherche d'un bloc spécifique dans la bibliothèque, le module EB-Find permet la recherche full-text par désignation.

FAQ

Quelle est la différence entre un schéma unifilaire et un schéma multifilaire ?

Le schéma unifilaire représente chaque circuit par un trait unique, même s'il comporte plusieurs conducteurs (phase, neutre, terre). Il est utilisé pour la vue d'ensemble d'une installation, le dimensionnement et la documentation NIBT. Le schéma multifilaire détaille chaque conducteur séparément ; il est nécessaire pour le câblage atelier, les armoires industrielles et la maintenance. En Suisse, le dossier de mise en service exige généralement les deux : unifilaire pour la lecture globale, multifilaire pour les départs critiques.

Quels symboles utiliser pour un schéma unifilaire en Suisse ?

La référence normative est la CEI 60617 (anciennement EN 60617), reprise par l'OIBT et la NIBT. Vous y trouverez les symboles de disjoncteur, contacteur, transformateur, prise, point lumineux, interrupteur différentiel. ElectroSchema embarque la bibliothèque CEI complète (plus de 1200 blocs CEI 60617) plus les variantes suisses. Évitez les symboles ANSI/IEEE américains : ils prêtent à confusion sur un dossier soumis à l'inspectorat ESTI.

Le schéma unifilaire est-il obligatoire en Suisse ?

Oui. L'OIBT (Ordonnance sur les installations électriques à basse tension) impose la fourniture d'un schéma unifilaire avec tout avis d'installation déposé auprès du gestionnaire de réseau. Pour les bâtiments soumis à autorisation, le schéma fait partie du dossier de permis de construire. À la mise en service, l'installateur le complète d'un rapport de sécurité signé. En cas de contrôle final périodique (tous les vingt ans en résidentiel), le schéma à jour est exigé par le contrôleur indépendant.

Quelle taille de feuille choisir pour un schéma de tableau ?

Pour un tableau résidentiel jusqu'à douze départs, un A4 paysage suffit. Au-delà de dix-huit départs ou pour un tableau divisionnaire d'immeuble, passez en A3. Les tableaux principaux d'immeuble locatif ou les TGBT industriels demandent un A2 ou A1, avec cartouche normalisé NIBT. ElectroSchema gère automatiquement le multi-format via la commande EC_DISPO et reprend le cartouche selon le gabarit d'entreprise.

Faut-il indiquer les sections de câbles sur le schéma unifilaire ?

Oui, c'est même l'une des informations principales. Pour chaque départ doivent figurer : la section en mm² (1,5 / 2,5 / 4 / 6 / 10), le nombre de conducteurs, le type d'isolation (T, TT) et la longueur estimée si elle dépasse trente mètres (utile pour le calcul de chute de tension). La SIA 451 et la NIBT 5.2 exigent aussi de noter le mode de pose (apparent, encastré, sous-tube) pour justifier le calibre de protection.

Combien de temps faut-il pour dessiner un schéma de tableau ?

Sur AutoCAD nu avec une bibliothèque manuelle, un tableau résidentiel de douze départs prend deux à trois heures à un projeteur expérimenté. Avec ElectroSchema, la même tâche descend à vingt-cinq ou quarante minutes : la commande EC_LIGNES enchaîne disjoncteur plus câble plus destination en un clic, et EC_DISPO génère automatiquement la mise en page A3 avec cartouche. Le temps gagné se retrouve surtout sur les modifications tardives (changement de calibre, ajout de départ) où le réacteur ligne propage automatiquement les retouches.

Outils ElectroCAD pour aller plus vite

Le module ElectroSchema est le compagnon AutoCAD le plus complet pour les schémas de tableau en Suisse romande. Bibliothèque CEI 60617 intégrée, commandes EC_LIGNES pour le tracé automatique, EC_DIAG pour la validation NIBT, EC_DISPO pour la mise en page multi-format, EB-Find pour la recherche de symboles. Conformité SIA 451, OIBT, CAN 2026. Essai gratuit trente jours, sans carte de crédit. Dès vingt-neuf francs par mois après essai.


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